Avant le conseil municipal de lundi soir, pas moins de trois manifs étaient organisées, ce qui témoigne de la vigueur du mouvement social et de la convergences
des luttes. Il y avait le comité de défense des usagers de l'hôpital venu rappeler son opposition au projet d'hôpital unique, le collectif de soutien des trois licenciés du Méridien d'Ibos et le
collectif 65 "Urgence Climatique Justice Sociale" (composé d'Europe Ecologie, AC !, Attac, FSU, Gauche unitaire, NPA, Parti de gauche, Terra ma terre) venu rappeler les enjeux du sommet de
Copenhague et la nécessité de déboucher sur des engagements forts. Le conseil municipal s'est donc ouvert avec une assistance beaucoup plus nombreuse qu'à l'ordinaire (cf photos plus bas).
1) Le premier point à l'ordre du jour était le débat sur le projet d'hôpital unique.
Gérard Trémège a d'abord rappelé qu'il s'agissait d'un projet et que rien n'avait été acté. Cela contredit les propos tenus lors de la conférence de presse du 16.11.09.
Il a aussi indiqué que ce projet s'inscrivait dans le cadre du programme hôpital 2012 (note de TAG: qui prévoit la fermeture des petites unités hospitalières).
Le directeur de l'hôpital (M. Hourmat) a rappelé que 250 millions d'€ étaient consacrés chaque année aux hôpitaux des Hautes-Pyrénées (Tarbes, Lourdes, Bagnères et Lannemezan). Cela représentait
un coût de 1000€ par an et par habitant. Le déficit de l'hôpital de Tarbes est de 5 millions d'€ par an et celui de Lourdes de 3 millions.
Il a quand même rappelé que le déficit structurel venait de la tarification à l'acte.
Le projet d'hôpital unique couterait 167 millions d'€ et il y aurait 470 lits.
L'objectif est pour lui que les patients restent le moins possible à l'hôpital!!!
Jean Glavany a d'abord indiqué que si l'opposition n'avait pas demandé un débat, il n'y en aurait certainement pas eu en conseil municipal. Il a rappelé que Mme Bachelot lui avait annoncé qu'un
projet comme celui de l'hôpital de Lanne représentait certainement un coût de 250 millions d'€. Il s'agit donc d'une gabegie car 80% de l'hôpital de Tarbes a été refait à neuf. M. Glavany
a plutôt proposé un rapprochement des 2 structures existantes avec création d'un hôpital à vocation départementale sur Tarbes, fin des activités miroirs mais maintien d'une structure
sur Lourdes.
Marie-Pierre Vieu a indiqué que ce projet s'inscrivait dans une stratégie de libéralisation et de privatisation du service public mené par la droite sur le plan national ou local.
Gérard Trémège a alors repris la parole en disant que les opposants à ce projet étaient des ringards (bel exemple de respect de l'opposition et du débat démocratique encore une fois de
plus!).
M. Hourmat a quand a lui reconnu que le projet se traduira par la fermeture des hôpitaux de Tarbes et de Lourdes (cela contredit donc les propos et l'engagement de Robin-Rodrigo). Ne
resteront alors que de simples maisons médicales. Le projet entrainera la suppression de plus de 200 postes de soignants et non soignants.
Jean Glavany, pour terminer, a insisté que près de 70 millions d'€ ont été investis ces dernières années pour rénover 80% de l'hôpital de Tarbes. La rénovation est possible et couterait bien
moins cher. Il s'étonne que le maire de Tarbes oeuvre à promouvoir un projet qui va conduire à la suppression de l'hôpital de Tarbes, ce qui va remettre en cause l'accès pour tous à des soins de
qualité et de proximité.
2) Débat d'orientations budgétaires
Les orientations présentées montrent une situation financière difficile pour la ville de Tarbes. Le désendettement diminue de façon importante ce qui traduit des marges de manoeuvre
de plus en plus réduites. Les impots locaux vont augmenter de près de 4% ce qui va rajouter de la crise à la crise pour les tarbais les plus modestes.
Un débat a eu lieu concernant le projet d'épicerie sociale annoncé par la municipalité. L'opposition de gauche a rappelé qu'un projet d'épicerie sociale avait été élaboré au niveau de
l'agglomération tarbaise, suite à un diagnostic réalisé dans le cadre des ateliers chantiers ville. Un cahier des charges avait été ainsi rédigé dès 2007. En 2009, une association chantier
d'insertion (Bigorre Tous Services) s'était porté candidate pour porter ce projet commun. Les élus UMP ont préféré à une vision collective de s'engager dans un projet solitaire afin de faire un
coup politique et surtout faire de la communication. C'est un choix regrettable qui témoigne le peu d'intérêt pour la politique communautaire dont fait preuve le pourtant président de l'agglo
tarbaise Gérard Trémège.
3) Motion présentée pour soutenir les salariés licenciés du Leclerc d'Ibos
Voici quelques photos de la soirée d'hier soir:
Vue d'une partie des nombreux manifestants
L'opposition affute ses arguments avant le conseil
La gauche est concentrée mais cela ne l'empêche pas de poser
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Derniers Commentaires